« Hier j’étais dans la rue, les maquis et bars sans espoir. Aujourd’hui, je suis coiffeuse et maquilleuse de mariées »

Tuesday 25 June 2019

Marie-France Kouassi fait partie des plus de 10 000 enfants et jeunes migrants vulnérables ayant bénéficié au moins de l’un des services du Projet Régional d’Appui aux Enfants et Jeunes travailleurs Migrants (PRAEJEM) mis en œuvre, entre 2015 et 2018, par Save the Children au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Mali avec l’appui financier de l’Union européenne. Classée dans la catégorie de migrants internes, Marie-France fut identifiée et assistée à Bouaké par Save the Children et ses partenaires. Non scolarisée et fille-mère, elle était réduite à faire de petits boulots sans avenir. D’Oumé à Bouaké, l’adolescente a connu la précarité. 

 

Par les actions du PRAEJEM, elle a appris son métier de rêve, la coiffure, tout en suivant des cours d’alphabétisation. Elle était motivée et assidue à l’apprentissage. Cela lui a valu une bonne maîtrise de son métier. Marie-France fait partie des 450 jeunes qui ont bénéficié d’accompagnement à l’auto-emploi avec un kit d’installation en coiffure dame.

Aujourd’hui, à 26 ans, elle est propriétaire d’un salon de coiffure dame à Bouaké. Elle coiffe et maquille les mariées. Son rêve est de créer un institut de beauté. Pour l’heure, elle ouvre ses portes à toutes les jeunes filles désireuses d’apprendre son métier.

Témoignage de Marie-France Kouassi    

« Qui pouvait imaginer que j’aurais un salon de coiffure à moi ? Je n’ai pas eu la chance d’aller à l’école. Donc je n’ai pas de diplôme. Avec un enfant , j’avais besoin d’argent. J’étais obligée de me promener et faire des boulots qui ne me plaisaient pas comme par exemple travailler dans les maquis et les bars. Je n’avais vraiment pas le choix. Je voulais faire la coiffure mais je n’avais pas suffisamment d’argent pour payer la formation. Avec le projet, Save the Children m’a donné la chance d’apprendre gratuitement ce métier. En plus, ils me donnaient de l’argent de poche chaque mois pour manger et payer mon transport. Donc j’ai arrêté le travail de bar pour bien apprendre. Le projet m’a appris à lire, et calculer et comment créer et gérer un business. Ils ont donné des outils à nos patrons pour qu’ils s’occupent bien de nous. A la fin du projet, Save the Children m’a donné beaucoup de matériels. Je n’ai eu qu’à louer un magasin et acheter quelques petits trucs pour m’installer à mon propre compte. Avec les cours d’alphabétisation, je sais lire mes messages et noter mes recettes. En plus, ça me permet d’apprendre moi-même avec mon téléphone sur YouTube et  Instagram. Je suis trop contente. Hier j’étais dans les rues, maquis et bars sans espoir. Aujourd’hui, je suis coiffeuse et maquilleuse de mariées   ».

 

Jean Jacques SOHA